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I l fut un temps, où, dans nos campagnes, les partages étaient bien établis : il y avait d'un côté, les fermes avec leurs animaux domestiqués et asservis, et d'un autre côté, la nature et sa faune sauvage et libre.
Les hommes fournissaient soin et nourriture aux premiers tandis qu'ils traquaient les seconds.
Ces derniers, toutefois, ne se privaient pas de prélever sur la production des fermiers la dîme qu'ils estimaient devoir leur revenir. En contre partie, le paysan agrémentait ses repas de fête du gibier qu'il avait capturé.
C'était en quelque sorte une politique de troc, "tu me voles une poule, et moi je tue un lièvre", et tout le monde y trouvait son content, car rares étaient les exactions.

Cependant, la désertification des campagnes, si elle vit un temps la prolifération du gibier, amena bien vite, sur des terres livrées à leurs appétits, une foule de citadins peu soucieux de l'équilibre de la nature. Le gibier peu à peu disparut, au grand dam des confédérations de chasseurs qui payaient fort cher la location de terrains dits giboyeux.
Il fallut donc songer à repeupler, et notamment en sangliers, gibier noble parmi les nobles et dont la tête empaillée orne le manteau de cheminée des glorieux Nemrods !
Or, la laie n'est pas prolifique comme l'est sa cousine la truie, on imagina donc de croiser les deux espèces afin que des hardes de sangliers de plus en plus étoffées hantent les taillis et fassent le bonheur des amateurs de battues. Et c'est ainsi que Gonzague vint au monde.

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© Michèle Puel Benoît 2000