Le pays d'ailleurs

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A force de s'entendre toujours dire :
« Cet enfant a la tête dans les nuages », ou bien :
« Il n'a pas du tout les pieds sur terre » ou :
« Il ne fait attention à rien, » ou encore s'entendre demander ce que lui avaient raconté les habitants de la lune, l'enfant ne rêvait plus que d'une seule chose : quitter cette terre inhospitalière et devenir un nuage !

Or l'entreprise s'avérait des plus ardues ! Il avait bien sûr compris que, pour échapper à la pesanteur, il lui fallait effectuer des sauts de plus en plus grands,
ce qu'il réussissait sans aucune difficulté ; il savait également avec un évident
 
bonheur, éviter d'être attentif à quelque consigne que ce fût ; davantage encore converser avec les habitants de notre satellite : il en possédait parfaitement le moindre des dialectes. Mais il n'arrivait pas à atteindre la consistance moelleuse, diaphane, évanescente du plus léger des nuages qui ponctuent le ciel estival !
Or, un jour d'été particulièrement torride, où il n'avait cessé de barboter dans la piscine, lui fut octroyé ce qu'il avait si fortement désiré.
 

Après une baignade particulièrement prolongée, alors qu'il gisait étalé en plein soleil, l'ardeur de ce dernier fut telle, qu'en un rien de temps il fut bu, avalé, digéré et rejeté dans l'azur, sous la forme évanescente, diaphane et moelleuse du plus authentique des Cirrus .
Ce fut une impression de légèreté extrême qui le fit revenir à lui : il lui semblait qu'il était devenu inconsistant et vaporeux, tel qu'il avait toujours souhaité l'être ; aussi accepta-t-il sans vraiment d'étonnement son nouvel état ! Mais, ce que son imagination n'aurait pu seulement lui suggérer, était qu'un aussi fabuleux spectacle s'offrirait à ses yeux !

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Michèle Puel Benoît 2000

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